Comité du 25/01 + Limonov gd polémiste

                   25 janvier 2016

Edouard Limonov et Igor Strelkov ont créé le Comité du 25 janvier :

une dizaine d'autres personnalités (journalistes, bloggeurs influents,etc) participent à ce mouvement, qui se veut une 3ème force , entre partisans du pouvoir et opposition libérale.

25/01/2016 - Moscou. 1ère réunion du "Comité du 25 janvier"
25/02/2016 - 1ère action annoncée du "Comité du 25 janvier" : Edouard Limonov, Igor Strelkov et Maxim Kalashnikov appellent à manifester le 5 avril, pour célébrer la "Journée de la Nation Russe".

Quelques jours après, en mars 2016, Edouard Limonov a subi une opération au cerveau.

Il s'en est apparemment bien sorti.

Il en parle dans son dernier livre ...ET SES DÉMONS, publié en octobre 2016.

                                VOIR ICI :

http://www.tout-sur-limonov.fr/222318808

 

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Ce texte d'Edouard Limonov a été publié le 4 février 2016 dans PRESSE LIBRE :

 

http://svpressa.ru/politic/article/141645/

 

 

Edouard Limonov annonce l'émergence d'une troisième force politique

 

Le fantôme, errant à travers la Russie, matérialisé! 

 

 J'ai toujours eu la conviction, ces dernières années, qu'il n'y avait en Russie, que deux camps politiques principaux : deux camps pathétiques, et cela ne suffit pas, il manque le troisième camp, la troisième force.

 

Aujourd'hui, hélas, la politique russe s'organise autour de ces deux camps : les pro-gouvernement, et l'opposition libérale pro-occidentale. 

 

Le symbole du camp pro-gouvernemental a été et reste les tours du Kremlin. 

 

   Les libéraux quand à eux se sont auto-qualifiés en toute modestie : "classe créative". Et ils sont actifs presque uniquement dans la région de Moscou. 

 

Ils ont repris le slogan que nous avions lancé au début des années 2.000 ( nous = le parti national bolchévique) : "La Russie sans Poutine". Ce qui pourrait faire croire à une inimitié féroce entre les deux camps : mais en fait nous avons découvert leurs obscènes affinités.

 

 Les pro-Kremlin et les libéraux sont en fait les deux grands groupes de la bourgeoisie.

 

 Les pro-Kremlin sont les héritiers de la révolution bourgeoise de Boris Eltsine, en 1991, et les libéraux (la "classe créative" !) est la génération suivante : les enfants de ceux qui ont participé à la révolution bourgeoise de 1991, et aussi ceux qui n'ont pas participé à cette révolution, ou n'y ont joué qu'un modeste second ou troisième rôle. 

 

Dans tous les cas, il est sage d'identifier ces deux camps bourgeois, les pères et leurs fils.

 

Les péres ont le pouvoir, la puissance, et tout l'argent qu'ils ont détourné.

Les fils quand à eux ont des professions bien rémunérées, ils prétendent même hardiment qu'ils sont l'intelligentsia russe. Ils se considérent donc dignes de prendre le pouvoir. Avec comme slogan publicitaire : "Parce que nous le valons bien !"

 

 Cette polarisation violente entre les deux camps provoque l'irritation de ceux qui sont restés en dehors. 

 

Et qui est resté en dehors de ces deux camps?

 

Une grande partie de la population.

Ceux qui avaient manifesté contre les élections truquées de 2011, et beaucoup d'autres, dégoutés par la politique, et agissant dans des groupes et mouvements de la "société civile".

 

Coté politique, on a envoyé en enfer la gauche non-parlementaire (rappelez-vous le triste sort de Sergueï Oudaltsov (et de son Front de Gauche), qui a eu l'imprudence de manifester en 2012, au côté des libéraux, qui l'ont ensuite abandonné après son arrestation)

 

 Certains nationalistes de leur côté n'ont pas hésité à soutenir le Maïdan ukrainien, qui reprenait pourtant les slogans des libéraux pro-occidentaux. Ils n'ont pas compris que la révolution nationale ukrainienne était avant tout une révolution anti-russe. 

 

Si l'on en croit Karl Marx, il y avait un fantôme errant à travers la Russie, le fantôme du patriotisme national.

Eh bien ! ... aujourdh'ui...  il s'est matérialisé sous la forme d'un "Comité du 25 Janvier".

 

Chers compatriotes, devant vos yeux , vient de se créer la troisième force : le mouvement de ceux qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir actuel, ni dans les libéraux pro-occidentaux, les Khodorkovski - Navalny.

 

S'il vous plaît : notez l'importance historique du moment!

                                                                       

                                                                      Edouard Limonov 

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                                 UN MOIS APRÈS

  

4 mars 2016. 

 

Edouard Limonov a envoyé une lettre à Igor Strelkov, au nom du comité directeur de L'Autre Russie, pour lui dire que son parti se retirait du Comité du 25 janvier.

      Limonov accuse Strelkov de trop marquer la coalition à droite.

 

http://limonov-eduard.livejournal.com/794276.html

 

 

 

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STRELKOV et LIMONOV, interviewés par Maxim Kalashnikov

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10 février 2016. 2ème réunion du "Comité du 25 janvier".
3 février 2016 - Interview d'Edouard Limonov sur Kommersant FM - A propos de la création du "Comité du 25 janvier" avec Igor Strelkov.

LIMONOV, UN GRAND POLÉMISTE

 
 

L'écrivain Thierry Marignac, toujours aussi réactif :

"Je me suis amusé à traduire un article tout récent de Limonov sur la médiacratie. Il est très intéressant comme toujours, grâce à la simplicité déconcertante d'Édouard, sa faculté de résumer un phénomène, et d'en faire quelque chose de percutant"

Voir aussi l'excellent blog de Marignac :  ANTIFIXION   

LE SOULÈVEMENT DES JOURNALISTES

 

                                            Édouard Limonov, 10 mars 2017  

Traduit du russe par Thierry Marignac  

 

Le phénomène des « fausses nouvelles » est une première dans l’Histoire de l’humanité… Bon, il y avait des reportages bidon, des canulars… On peut y inclure l’émission de radio où Orson Welles a lu le premier  chapitre de La Guerre des mondes de Herbert Wells, que ses contemporains avaient pris pour l’annonce d’une invasion de Martiens.

 

Mais dans l’ensemble le Quatrième Pouvoir connaissait sa place ou informait avec plus ou moins d’obéissance la société sur les évènements en cours sur la planète. C’est vrai, le président Nixon a tout de même été renversé par deux journalistes.

 

À présent nous n’entendons plus parler que de fausses nouvelles. Le premier à nous informer a été le nouveau président des Etats-Unis Donald Trump. Il a accusé la chaîne de télévision CNN, l’influent journal New York Times et encore toute une série de médias américains de communiquer de fausses nouvelles à la société.

 

Même si on ne s’en tient qu’à la sphère des relations russo-américaines, combien de fois n’a-t-on pas entendu parler des liens du personnel de Trump avec l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis Kisliak.

Les collaborateurs de Trump auraient été en contact permanent avec Kisliak et Trump lui-même l’aurait personnellement rencontré (la dernière des fausses nouvelles). Ah, ce Kisliak , ils en ont fait un démon tout-puissant.

 

L’appareil de Trump a démenti l’information sur la rencontre Trump-Kisliak. Et ces rencontres complètement routinières entre les collaborateurs actuels de Trump et l’ambassade russe, soit, n’ont pas eu lieu, soit, elles ont eu lieu avant que ces gens ne deviennent fonctionnaires de la nouvelle administration présidentielle.

 

L’accusation lancée contre la Russie d’être entrée par effraction dans la boîte postale électronique du Parti Démocrate et par là d’avoir joué un rôle dans les élections n’est pas seulement rotée après le repas par des journalistes cossards. Elle est répandue dans tous les coins, d’un quelconque Sacramento Chroniclecalifornien jusqu’à un journal de l’État du Maine : le Maine Herald.

 

Le journalisme américain, qui, depuis la Deuxième Guerre mondiale était considéré comme un étalon de sérieux et de méticulosité. (le Journaliste américain, en costume à revers et chapeau, un éternel crayon à la main, appareil photo et cigare à la bouche servait de monument symbolique à la véracité de l’information), en à peine une saison s’est changé en son contraire. Ils sont psychiquement instables et ils mentent.

 

C’est à leur suite que les journalistes français ont eux perdu la boule et le sens de la vérité. Les scandales orientés vers la discréditation des candidats à la présidence Marine Le Pen et François Fillon — témoignent non pas simplement de préférences ou d’aversions politiques, mais d’une fracture tectonique dans le cœur de ces gens. Si l’aversion de la majorité des journalistes libéraux envers Marine le Pen (progéniture d’une famille d’extrême-droite, elle-même représentant une idéologie d’extrême-droite) se comprend, de quoi ce pauvre Fillon est-il coupable ? Pourquoi persécute-t-on un politicien bourgeois tout à fait traditionnel ?

 

Pourquoi ?

 

Parce qu’ils se sont soulevés. La classe des journalistes contre le monde contemporain.

 

Il y a longtemps qu’ils ont la sensation de leur puissance. À la Convention révolutionnaire on trouvait de nombreux journalistes : Hébert, Jacques Roux, Robespierre, Desmoulins… Et je n’en nomme que quelques-uns. Ils eurent une puissante influence sur les événements.

 

Ici à Moscou, dans nos manifestations du Bolot, oui, il y avait quelques dames en vison, mais au fond, ces manifs étaient dirigées par des journalistes : les gens de la radio « L’Écho de Moscou », Parkhomenko l’inspiré, derrière lequel se cachait l’éminence grise Venediktov. Les gens de « L’Écho » ont un petit peu servi les protestations. Et encore le critique musical Arthème Trostki, l’animatrice Lazareva, le journaliste Vladimir Pryjkov… Et combien d’autres…

 

Passons rapidement — il ne s’agit que d’étayer cette thèse avec des preuves contemporaines — Et, en chemin, remarquons que la Russie fait partie du monde contemporain et que les processus qui y sont à l’œuvre ne nous sont pas étrangers.

 

Aux Etats-Unis, les médias de façon quasi unanime (Fox News et quelques autres journaux sont des exceptions) se sont rebellés contre le président élu légalement (en accord avec les lois américaines) au mépris de la volonté du peuple des Etats-Unis, qui l’avait choisi et de la Constitution. Les médias américains se conduisent d’une façon inédite jusqu’à ce jour.

 

Il ne s’agit pas d’une révolte exclusivement dirigée contre le régime Trump. Le phénomène est plus large et plus profond : c’est la révolte de la classe internationale des journalistes contre les politiciens, les États et les peuples. Ce qui est confirmé par le soulèvement des journalistes français à la suite des Américains.

 

C’est l’origine des fausses nouvelles. Le fait que chez les fournisseurs d’informations surgisse l’envie de remplacer celle-ci par les caillots de leur haine des leaders, des États, des peuples — on s’y attendait.

 

Et voilà, nous y sommes. 

 

Quelle est leur orientation ? Quel est leur idéal ?

 

C’est vers le passé qu’ils s’orientent, un passé vieux d’une génération.

 

En effet, l’engagement des médias américains saute aux yeux. En faveur de quel camp sont-ils engagés ? Au premier regard, celui de Clinton.

 

Mais, il ne s’agit que d’une petite partie de la vérité. En réalité les médias américains libéraux (et non pas un ou deux médias américains, le journalisme est la profession la plus libérale qui soit !…) sont engagés dans le camp de la psychologie, de la morale, et du climat spirituel de leurs familles, engagés dans les traditions des familles libérales.

Ils se sont engagés pour les vues politiques de leurs parents. C’est à dire que leur révolution est une rétro-révolution. Ils ne veulent pas du nouveau, de l’intraitable et du désagréable, ils veulent le monde de leurs parents. Et leurs parents n’étaient pas nos personnages à chapeaux et cigares. Ceux-là, c’étaient leurs grands-parents. Et leurs parents étaient des gens en poncho, en tee-shirts colorés, les enfants des fleurs, Make love, not war.

 

À présent, leur révolution éclate au grand jour. Ils considèrent qu’ils n’ont plus besoin des leaders, plus besoin du peuple lui-même. Pour quoi faire, tout ça ?

 

Contrôlant les courants de l’information, ils savent  tout mieux que tout le monde, comment et où doit aller le monde. Ils en sont persuadés.

 

Je suis absolument certain de cette explication du soulèvement des journalistes.

 

C’est une révolte mondiale des journalistes. Selon toute probabilité elle subira un échec : elle sera écrasée par les États et les peuples.

 

Mais elle a commencé et se déroule en ce moment-même.

 

Ce n’est pas seulement contre Trump ou Le Pen (et en même temps contre Fillon, on aura tout vu !), c’est une révolution pour eux-mêmes et leurs objectifs !…

                                             Edouard Limonov, 10 mars 2017

                                                (Traduction : Thierry Marignac)

 

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CE SITE EST CONSACRÉ A EDOUARD LIMONOV 

 

Il actualise le livre d'Emmanuel Carrère, avec photos et vidéos rares, et quantité d'informations inédites (2017) 

Voir la 1ère page, très complète, ici : 

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